445) L'origine du monde

 

"L'origine du monde", 41 cm x 31 cm, aquarelle sur papier arches
grain fin 300g/m2, détail, © Eric Itschert


Un titre qui résonne familièrement


Comme annoncé précédemment, je ne publie qu'un détail de l'aquarelle. Elle sera visible dans son entièreté lors de la prochaine exposition à la Galerie Framing.

J'aime particulièrement ce titre « l’origine du monde »

Le tableau de Courbet


Un tableau de Gustave Courbet a reçu ce titre, attribué après la mort du peintre. J'adore les œuvres de Courbet, sauf justement ce tableau là. C'est une œuvre de commande malheureuse, destinée à rester cachée, et sûrement la moins bonne du peintre. Autrement dit une œuvre alimentaire. Moi aussi j'ai réalisé des œuvres érotiques sur commande, et les phantasmes de mes commanditaires n'étant pas nécessairement les miens, ce ne sont pas toujours mes peintures les plus heureuses.

Tous les parisiens sont devenus hystériques à propos du tableau de Courbet, pour moi tout juste bon à être accroché sur le mur d'un bordel. Je ne sais pas par quel étrange cécité tout le monde s'est plu à nier la réalité: c'est bel et bien une œuvre pornographique, et je m'explique. 

Ce n'est pas tant parce que l'œuvre  met l'accent sur le sexe de la femme. J'ai toujours considéré qu'un sexe, qu'il soit féminin ou masculin, peut être très beau. Mais sans tête la femme en est réduite à ne plus être qu'un tronc avec un sexe, une femme objet dénuée d'âme, un sex-toy. Le milieu de l'art chic et toc aime créer des rois nus, il adore les farces. Niant l'évidence il crie au sublime, l'œuvre est montrée partout. On adore l'oxymore, de cette croûte on dit que c'est une œuvre géniale et on lui invente un titre. Le titre sert d'écran de fumée à la trivialité du tableau. Le milieu de l'art chic et toc montre son vrai visage: un monde violent chosifiant les êtres humains, un monde rêvant de les réduire en esclavage, pourquoi pas en leur implantant une puce dans le cerveau. 

Pendant ce temps nos artistes contemporains voient leurs œuvres sans cesse censurées dès qu'on voit un bout de nu. Il devient de plus en plus difficile de célébrer la beauté de l'être humain dans la fragilité de sa nudité.

Une femme libre dans l'océan


Oui, c'est une toute autre version de la femme que j'ai en tête. Une femme libre dans l'océan. C'est l'eau qui est l'origine de toute vie. Quant à la fille, elle est considérée dans son entièreté, âme et corps. Ce n'est pas elle qui est origine du monde, c'est l'eau. La femme est passeuse de vie, et c'est ce qui la rend si belle. Elle est l'égale de l'homme, et ce n'est que dans cette égalité et cette liberté que le vrai dialogue devient possible...

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