463) Une sieste sur le canapé
| "L'imminence de la vague", 31 cm X 41 cm, aquarelle sur papier Arches grain fin 300g/m2, © Eric Itschert |
Une aquarelle sur papier 100 % coton
Pour cette aquarelle, j'ai voulu utiliser des couleurs plutôt sobres. Seul l'orange du soleil et le bleu de la vague sont plus soutenus. Comme modèle pour la vague, j'ai interprété la plus célèbre estampe de Hokusai. Elle est intitulée 'La Grande Vague de Kanagawa'. Bien sûr la montagne au loin représente le mont Fuji. La grande vague surprend un bateau de pêcheurs en bas à droite.
L'estampe, bien qu'à l'arrière-plan, focalise l'attention première du spectateur. Le cadre dans le cadre souligne encore l'importance de cette grande vague.
Un tableau n'aurait pas besoin de titre
Selon René Magritte, une peinture n’a pas besoin de titre. Le tableau doit se suffire à lui-même dans sa capacité à évoquer le mystère du monde. On est habitué à ce genre de sentences définitives chez les surréalistes. Sauf que Magritte se contredit, en apparence seulement. Nombreuses de ses œuvres sont célèbres pour leurs titres poétiques et souvent déroutants (comme 'Ceci n'est pas une pipe' pour La Trahison des images).
En réalité, René Magritte souligne souvent que le titre d'un tableau ne doit pas servir d'explication. Il considère la relation entre le titre et l'image comme un rapport supplémentaire, mystérieux et poétique, destiné à enrichir l'œuvre plutôt qu'à la définir. Et là, je suis plutôt d’accord avec lui.
Dans sa philosophie, le titre est une invitation à la réflexion, un complément qui, s'il était trop explicite, détruirait le mystère de l'image. Il a même parfois laissé ses amis ou des poètes suggérer des titres pour ses œuvres, acceptant ceux qui lui semblaient les plus appropriés, c'est-à-dire ceux qui ajoutaient une dimension d'étrangeté ou de surprise, sans pour autant fournir une solution au tableau.
Une nécessité pratique
Il y a un autre problème. Dès que l’on fait une liste de tableaux, que cela soit pour les mettre en vente ou pour en faire un inventaire, des titres se révèlent pratiques. L’inventaire sert parmi d’autres choses à rédiger la comptabilité ou des certificats d’authenticité. Pendant tout un temps j’ai réalisé des titres courts, précisant simplement le lieu où la scène a été prise ou le nom du modèle qui a posé pour moi.
Ensuite, pour mes nageurs sous l’eau, je me suis contenté de numéroter l’œuvre. Et cela ne fonctionne absolument pas. Quand en plein vernissage on vous demande le numéro FG26, vous ne réalisez pas de suite de quelle peinture il s’agit.
Il fallait donc en revenir à un titre, un titre poétique, qui permette plusieurs niveaux d’interprétation.
Plusieurs niveaux d’interprétation
Le titre « L’imminence de la vague » se classe parmi cette dernière catégorie de titres. Combien d’images ne montrent-elles pas une rivière, un animal, une vague sortant du cadre d’une œuvre ? De préférence en pleine exposition, lors d’un vernissage ou d’un happening ? Oui, ici aussi la vague pourrait bien sortir du cadre.
| Combien d’images ne montrent elles pas une vague sortant du cadre d’une œuvre, de préférence lors d’un vernissage? (Image par Intelligence Artificielle et Photoshop) |
Mais d’autres interprétations sont possibles. Ma peinture « Olivier N1 » a été interprétée tant de fois…
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