473) Le passage

 

'Le passage', 41 cm X 31 cm, aquarelle sur papier Arches
grain fin 300g/m2, © Eric Itschert

" Selon ma doctrine, il est défendu (sous peine d'imbécilité) de rien prévoir. Ce que je ferai dans tous les domaines est imprévisible tout autant que l'apparition d'une réelle image poétique."

René Magritte


Une aquarelle achevée le jour de l'éclipse solaire


J'ai achevé cette aquarelle le 12 août 2026, le jour de l'éclipse solaire. J'ai d'abord réalisé des esquisses, ce qui était en moi devait sortir au jour. Ensuite j'ai fait des photos expérimentales, retravaillées sur Photoshop mais sans IA, pour vérifier la pertinence de mon idée. Enfin il y a cette finalisation par une aquarelle.



Photo retouchée avec Photoshop, © Eric Itschert


Un rêve


J’ai débuté les premières esquisses de cette aquarelle il y a environ trois semaines. On commençait à parler de l’éclipse solaire, et certains préparaient déjà l’évènement. Est-ce à cause de cette attente collective irréelle que j’ai fait ce rêve mystérieux ? Ce rêve était splendide, et à cause de lui mes esquisses ont pris un tour particulier.

Certains rêves ne s’oublient jamais, car ils nous font pénétrer dans un autre monde. J’ai rêvé de l’éclipse avant de la voir. J’étais au sommet d’une colline, dans l’axe d’un fleuve, dans un monde dont les lois ne correspondaient pas au notre. Face à moi le soleil se retrouvait petit à petit occulté par la lune, beaucoup plus lentement que dans notre monde, et je pouvais voir le phénomène sans me brûler les yeux. Des oiseaux chantaient. Le cri des perruches vertes était particulièrement aigu, comme lorsqu’elles s’avertissent de la présence d’un chat ou d’un renard. Le chant des grillons était assourdissant.

L'atmosphère changea progressivement. Tout devint d’une netteté parfaite, autant ce qui était loin que ce qui était proche. Chaque arbre, chaque pierre se détachait comme un monde unique isolé de toute autre chose, comme un objet que l’on observerait attentivement en oubliant tout le reste. Je voyais chaque chose séparément et collectivement en même temps.

Les lumières et les ombres projetées étaient d’une précision totale. Soudain chaque éclat de lumière à travers les arbres prit la forme d’une demi-lune pour changer progressivement en quart de lune. La lumière s'estompa, la température chuta rapidement et un silence soudain et parfait s'installa. Animaux et insectes se turent. Des vagues d'ombres onduleuses coururent à travers la vallée. Et puis vint l’obscurité. Pourtant je continuais à voir les choses, mais autrement...



'Le passage', 41 cm X 31 cm, détail, aquarelle sur papier Arches
grain fin 300g/m2, © Eric Itschert



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